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picto Boiteries des bovins : Levez le pied et respectez le protocole de soins

Une contention adaptée et un matériel bien entretenu sont indispensables pour un parage efficace et confortable

Les onglons sont à l’origine de la plupart des boiteries chez les bovins, il est donc essentiel de les examiner.

 

D’abord, lever le pied !

Le premier réflexe doit être de soulever le pied des sujets boiteux, d’abord parce qu’ils ne doivent pas attendre pour être soulagés, mais aussi car une boiterie négligée ou mal traitée peut engendrer de lourdes pertes économiques. Une vache boiteuse a moins d’appétit, d’où une diminution rapide de sa production de lait et de viande. Elle limite ses déplacements et exprime moins bien ses chaleurs, ce qui affecte les résultats de reproduction.

En pratique, lever le pied d’un animal pesant 600 kg, et pas toujours coopératif, nécessite un équipement adapté pour assurer la contention et pour travailler en toute sécurité.

De plus, une bonne connaissance des lésions est nécessaire pour pouvoir se référer aux protocoles de soins et de choisir le traitement adéquat. Si vous n’êtes ni équipé ni certain de votre diagnostic, il est préférable de nous déléguer cette tâche.

 

Ne pas traiter sans réfléchir !

Malheureusement, le recours au praticien en première intention pour une boiterie reste trop rare. Certains ont tendance à privilégier un traitement par voie générale, en utilisant préférentiellement un antibiotique de nouvelle génération à délai d’attente nul pour le lait.

Cette démarche peut se justifier uniquement en cas de panaris ou d’arthrite et seulement si elle est cohérente avec le protocole de soins établi pour ces problèmes ! Toute autre utilisation, en plus d’être inutile, présente un risque vis-à-vis de l’antibiorésistance, ce qui ne peut pas être accepté !

Votre protocole de soins précise aussi quels sont les bons gestes pour s’assurer du diagnostic de panaris : notamment avoir contrôlé la température du bovin et vérifié qu’elle est supérieure à la normale ! En outre, des antibiotiques plus anciens (pénicilline, oxytétracycline) sont également utiles dans cette indication. Leur coût est faible mais ils présentent un délai d’attente pour le lait. Ils seront ainsi préférables chez une vache en fin de lactation ou à la production laitière peu élevée (inférieure à 20 l par jour).

 

Parage, quelle solution choisir ?

Le parage curatif, réalisé par vos propres moyens ou par le vétérinaire, consiste à éliminer les parties lésées de la corne, éventuellement à désinfecter les lésions et à supprimer l’appui sur l’onglon malade grâce à une talonnette de bois ou de caoutchouc collée ou clouée sur l’onglon voisin sain. L’utilisation d’un pansement du pied est plus controversée, car il favorise la macération.

C’est donc une intervention de soin, sur problème.

Le parage fonctionnel (ou préventif) vise à détecter les atteintes précocement, avant qu’elles n’engendrent une boiterie, et à tailler les onglons pour rétablir une juste répartition des charges qu’ils supportent. Il est conseillé de l’entreprendre une à deux fois par an sur l’ensemble du troupeau, voire plus souvent en cas de boiteries récurrentes.

Dans les grands effectifs, afin d’éviter les interventions trop longues – sources de fatigue donc de danger pour les opérateurs et les animaux – un parage plus fréquent sur des lots plus raisonnables devient la formule à privilégier.


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