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picto Mammite « clinique » ou « subclinique » : Quelle différence ?

Pour qualifier les mammites et déterminer les stratégies de traitement, on distingue habituellement les mammites « cliniques » et les mammites « subcliniques ». Quelle différence ?

 

Les défenses immunitaires de la mamelle 

Les microbes qui provoquent les mammites, principalement des bactéries et beaucoup plus rarement des champignons, pénètrent toujours dans la mamelle par le canal du trayon. Ils proviennent de la surface du trayon, contaminée par contact avec l’extérieur (litière, mains sales de l’éleveur, manchon contaminé lors de la traite…).

 

Une mamelle saine est stérile : aucune bactérie n’y réside. Néanmoins, la mamelle contient en permanence des « cellules » dont le nombre est variable d’un animal à un autre et d’un troupeau à un autre. La fourchette de 20 000 à 100 000 cellules par millilitre de lait est normale.

 

Ces cellules sont des « globules blancs », chargés de la défense de la mamelle contre les intrusions de microbes. Il s’agit en fait d’un ensemble assez complexe de cellules différentes, dont les rôles sont complémentaires : alerter l’organisme de la présence du microbe, faire affluer plus de cellules depuis la circulation sanguine dans la mamelle en cas d’agression, détruire les bactéries, nettoyer les débris du « champ de bataille », etc.

Par souci de simplicité, on parle donc indistinctement de « globules blancs », de « cellules », de « polynucléaires » ou de « leucocytes ».

 

L’affrontement entre les défenses et les bactéries

Lors d’infection de la mamelle, une bataille s’engage entre les bactéries qui se multiplient dans le lait et les cellules qui arrivent en nombre variable et plus ou moins rapidement pour tenter de les détruire. L’issue de la bataille dépend à la fois du caractère pathogène de la bactérie (sa « méchanceté »), de sa localisation dans la mamelle et de l’efficacité des défenses cellulaires. Trois issues sont possibles (voir schéma) :

 

  • les cellules gagnent, il s’agit d’une guérison spontanée. Celle-ci intervient en moyenne dans 20 % des cas environ. Elle peut atteindre 80 % pour Echerichia Coli.

 

  • les bactéries gagnent : il s’agit alors d’une mammite clinique ou « visible ». dans ce cas, des modifications du lait sont toujours observables par l’éleveur lors de la traite (au minimum quelques grumeaux détectables avec un bol à fond noir). En plus de ces symptômes locaux, des symptômes généraux (baisse de l’appétit et de la consommation d’eau, démarche difficile, déshydratation et hyperthermie) peuvent survenir dans certains cas.

 

  • Dans le troisième cas de figure, une forme d’équilibre intermédiaire s’installe entre les défenses et les bactéries, aucunes ne « prennent le dessus » sur les autres. Dans ce cas, il n’y a pas de mammite visible mais la vache conserve un grand nombre de cellules. Elles témoignent que l’inflammation persiste dans la mamelle. On parle alors de mammite subclinique ou de « mammite invisible » puisqu’il n’y a pas de signes locaux ou généraux. Ce sont les comptages cellulaires individuels qui permettent de les détecter.

 

Pour résumer :

  • Mammite clinique = modification du lait et plus ou moins d’autres symptômes locaux ou généraux.
  • Mammite subclinique = pas de modification observable du lait, pas de symptômes, uniquement augmentation du nombre de cellules.

 

Auteurs :

E. Thébaud – VET’EL

 

Sources :

Communications de la Commission qualité du lait - SNGTV


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